• martinesadion2

Nuage 9. Giulio Romano à Mantoue.

Dernière mise à jour : 11 nov.


Fin septembre 2021 en quête de nuages exceptionnels à Mantoue en Lombardie.


Tout d'abord, au Palazzo ducale et plus spécialement dans la sala di Troia, la salle d'audience de Frédéric II Gonzague, duc de Mantoue dont les peintures sont attribuées à Giulio Romano en 1538 et racontent la prise de Troie. Épisode guerrier commandé par le duc et faisant allusion aux victoires de Frédéric bien sûr (entre autres sur "notre" François 1er). Sous les regards de Zeus, Héra et Aphrodite, dans les nuages de l'Olympe au centre de la voûte, les différents épisodes se déploient sur les murs.








Comme le raconte l’Iliade, certains héros des deux bords, grecs ou troyens, sont soutenus par des dieux. Ainsi Héphaïstos, dieu du feu, forgeron et magicien qui, contrairement à Zeus, a pris le parti des Troyens. On le voit qui se précipite pour secourir les deux fils de Darés, un prêtre phrygien dévoué à son culte : Phégée et Idaios, montés sur un même char, viennent d'attaquer Diomède, le roi d'Argos, qui tue de son javelot le premier. Pour sauver le deuxième, le dieu va l'envelopper d'une nuée qui le cache aux yeux du Grec.

Observez la forme du nuage très "ergonomique", une prolongation des nuées de la voûte, qui prend la forme d'un tunnel puis s'élargit pour soutenir les deux bras écartés qui vont envelopper le Troyen avec le nuage cotonneux . On ressent la vitesse de l'action, la trombe qui se déploie, la cape jaune qui vole au vent ...



Puis, une autre merveille : la camera dei giganti du Palazzo del Té, peinte entre 1532 et 1535 et qui décrit la chute des géants racontée dans les Métamorphoses d' Ovide, oeuvre là encore de Giulio Romano. Rentrer dans cette salle nous fait perdre nos repères spatiaux, nous engloutit dans un chaos, nous rend protagonistes d'une bataille gigantesque. Romano a choisi de peindre le moment de la vengeance de Zeus contre ces géants qui ont voulu attaquer les dieux. Sur la voûte, l'Olympe, entourée de nuages moutonneux, fourmille des dieux qui s'y sont réfugiés. Zeus, exaspéré, est descendu de son trône, brandit son foudre et abat les géants qui ont osé le défier.



Certains sont précipités dans le vide, d'autres sont engloutis par des rochers ou de lourdes colonnes. Des mains, des visages épouvantés surgissent des amas de pierres. Dans les angles de la pièce, les vents cachés dans les nuages soufflent pour accentuer le bruit et la fureur... L’illusion est totale.

















Parmi d'autres, messieurs Martinus Narek en 1736 ou Franco Zanella en 1769 ont visité la camera et ont voulu y laisser leurs noms, marques que les restaurateurs contemporains bien avisés ont souhaité conserver comme "souvenirs" de leur passage ...



PS: très bonne année 2022 à tous.

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